La rosacée est une dermatose inflammatoire chronique et récidivante qui cible la peau centro-faciale et les annexes oculaires. Elle se manifeste par des bouffées vasomotrices épisodiques, un érythème fixe, des télangiectasies, des papulo-pustules, une prolifération de tissu phymateux et, chez près de la moitié des patients, une blépharite ou une kératoconjonctivite. Quatre phénotypes se chevauchent : érythématotélangiectasique, papulo-pustuleux, phymateux et oculaire. Cependant, la prise en charge moderne classe la maladie selon les caractéristiques cliniques individuelles afin d'orienter le traitement. La prévalence mondiale varie de 1 à 10 %, avec un pic chez les femmes à peau claire âgées de 30 à 50 ans. Cependant, les hommes développent plus souvent un rhinophyma défigurant.
Les patients présentent des bouffées vasomotrices épisodiques évoluant vers une rougeur centro-faciale persistante, des picotements ou des brûlures, des télangiectasies grossières, des papules et pustules inflammatoires épargnant le bord vermillon péribuccal, ainsi qu'une sensation de sable dans l'œil ou une photophobie. L'hypertrophie phymateuse du tissu sébacé, notamment le rhinophyma, apparaît plus tardivement, principalement chez l'homme.
Les antécédents familiaux positifs, le sexe féminin, les phototypes de peau Fitzpatrick I-II, l'ascendance nord-européenne, l'exposition fréquente aux ultraviolets ou à la chaleur, l'alcool (en particulier le vin blanc et les spiritueux), les aliments épicés, les régimes à indice glycémique élevé, le stress émotionnel, le tabagisme, l'utilisation de corticostéroïdes photosensibilisants ou topiques, la gastrite à Helicobacter pylori, la prolifération bactérienne de l'intestin grêle et l'immunosuppression systémique augmentent tous l'incidence ou déclenchent des poussées.
Le diagnostic est clinique et nécessite un signe diagnostique (érythème centro-facial fixe s'aggravant épisodiquement ou modification phymateuse) ou deux signes majeurs (papulo-pustules, bouffées vasomotrices, télangiectasie ou manifestations oculaires). Les examens biologiques sont inutiles, sauf suspicion de lupus, de dermatomyosite, d'acné ou de dermatite séborrhéique. La dermoscopie accentue les réseaux télangiectasiques polygonaux ; la microscopie confocale révèle des follicules dilatés remplis de Demodex. La biopsie cutanée est réservée aux cas atypiques ou réfractaires au traitement.
Le traitement suit un algorithme basé sur le phénotype. Pour les bouffées vasomotrices et l'érythème persistant, les vasoconstricteurs α-adrénergiques topiques, comme le gel de brimonidine à 0,33 % une fois par jour ou la crème d'oxymétazoline à 1 %, réduisent les rougeurs en 30 minutes. Les bêta-bloquants oraux non sélectifs ou le carvédilol aident à soulager les bouffées vasomotrices réfractaires. Les lésions papulo-pustuleuses répondent à la crème topique d'ivermectine à 1 %, au gel de métronidazole à 0,75–1 %, à la mousse d'acide azélaïque à 15 % ou à la crème à 20 %, ou à la crème de peroxyde de benzoyle microencapsulée à 5 % ; une maladie modérée nécessite 40 mg de doxycycline orale à libération modifiée ou une mousse de minocycline, et une maladie nodulaire sévère peut nécessiter 0,3 mg/kg/jour d'isotrétinoïne pendant 12 à 16 semaines. L'isotrétinoïne à faible dose, sans effet rebond, est de plus en plus privilégiée pour les poussées récurrentes. Les télangiectasies fixes et l'érythème de fond s'améliorent grâce aux lasers à colorant pulsé ou KTP et à la luminothérapie intense pulsée ; la prolifération phymateuse répond au resurfaçage au laser CO₂/erbium, à l'excision tangentielle ou à l'ablation par radiofréquence. La rosacée oculaire est prise en charge par l'hygiène des paupières, les larmes artificielles, la doxycycline orale et, en cas de blépharokératite sévère, par des gouttes topiques de ciclosporine à 0,05 %.
Bien qu'incurable, plus de 80 % des patients parviennent à un contrôle durable grâce à l'évitement des facteurs déclenchants, à des soins cutanés adaptés et à une pharmacothérapie ciblée. Non traitée, la rosacée tend à évoluer de bouffées vasomotrices épisodiques vers un érythème permanent et une défiguration phymateuse ; des complications oculaires peuvent laisser des cicatrices cornéennes si elles sont négligées.
Néovascularisation et cicatrisation cornéennes, blépharite chronique, rhinophyma avec atteinte des voies respiratoires ou sociale, lymphœdème facial persistant (maladie de Morbihan), détresse psychosociale et rosacée induite par les stéroïdes suite à une utilisation inappropriée de corticostéroïdes topiques.
Si la prévention primaire est impossible, la prévention secondaire repose sur une prévention rigoureuse des facteurs déclenchants, un traitement précoce des nouvelles lésions, une photoprotection proactive et un dépistage ophtalmologique systématique chez les patients présentant une prédisposition oculaire. Les régimes riches en probiotiques et le traitement du SIBO semblent prometteurs pour réduire la fréquence des poussées, mais nécessitent des études complémentaires.
Tenez un journal de vos symptômes pour identifier les déclencheurs ; appliquez quotidiennement une crème solaire minérale à large spectre FPS 30+ ; utilisez des nettoyants et des crèmes hydratantes doux et sans parfum ; évitez les lotions toniques à base d'alcool, de menthol, de camphre ou les gommages exfoliants ; rafraîchissez votre visage après l'effort ; pratiquez des techniques de réduction du stress ; et protégez votre peau du visage en cas de froid extrême ou de vent. Votre famille ou votre conjoint peuvent vous aider en préparant des repas peu épicés, en modérant la température intérieure et en rappelant les horaires de prise de médicaments.
The information presented above is supported by reputable medical sources and research publications. These references provide additional clinical insights and evidence-based findings for healthcare professionals and individuals seeking comprehensive understanding of this medical condition.